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Technique :

 

Peintre acrylique - huile

Support : toile de lin; occasionnellement panneaux bois ou dérivés, papier

 

Style : peinture abstraite -abstraction lyrique

 

Sujets : dynamique du geste, dégorgement des tensions,  réflexion sur les vibrations,

au-delà du vécu.

MA DEMARCHE ARTISTIQUE

 

« Autant que je me souvienne, j’ai toujours dessiné et peint : les crayons de couleur, la gouache, la peinture à l’huile, l’acrylique ensuite, constituent chronologiquement les médiums utilisés. Mon activité de jeunesse et d’adolescence, ponctuée par des cours de dessin et ensuite une initiation à la peinture à l’huile en extérieur et atelier prodiguée par l’Artiste-Peintre M. Willy Meurisse, également par mon intérêt pour les œuvres des « anciens » m’a amené jusqu’à l’adolescence à pratiquer une peinture réaliste puisant ses sujets dans la nature ou l’environnement immédiat. Parallèlement, mes cahiers de cours s’ornaient de petits dessins le plus souvent abstraits. Avec le recul, je constate avec amusement que bien des caractéristiques de mon travail ultérieur se retrouvent dans mes premiers travaux significatifs : d’une part la précision, le velouté d’un travail à l’huile,  tandis que le goût de la matière, des épaisseurs, des gestes répétitifs, se retrouveront  dans ma production plus actuelle

 

L’effet déclencheur d‘une passion pour l’abstraction fut le cours d’étude de formes durant mes  études d’Architecture. Des artistes tels Georges Mathieu, Wassily Kandinsky, Paul Klee constituaient à l’époque le sommet de mon hit-parade. De plus en plus l’abstrait m’a fasciné par sa capacité, à partir d’une combinaison de formes et de couleurs créée sans volonté de représenter quoique ce soit  de « reconnaissable », objet ou être vivant, de vivre sa vie et provoquer des émotions, des vibrations amenant automatiquement dans un monde subtil. Dans celui-ci, on retrouve tous les sentiments humains grâce auxquels, peut-être, on se sent partie de l’univers. Cette quête du vivant m’incitera prochainement à expérimenter l’usage de la chaux, pour ses qualités naturelles.

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Mes toiles sont inévitablement influencées par les tensions internes accumulées en fonction du vécu. La base de composition est une étude de formes soit préméditée, soit impulsive,  à laquelle participent les couleurs et la matière. Ces formes  en gestation, chargées de ces tensions, induisent une gestuelle qui crée l’ouvrage. Celle-ci peut se traduire par des gestes amples, vigoureux et colorés, d’où ressort la fougue, tandis qu’actuellement, le geste, toujours présent physiquement, tend à rentrer dans une trame, devient une base rythmique intérieure sur laquelle jouent en liberté d’autres éléments, formes et couleurs.

 

 Si l’abstraction s’impose en moi, c’est qu’il m’est impératif de me débarrasser de toute forme reconnaissable du monde dans lequel nous sommes condamnés à nous battre, pour atteindre un monde plus subtil et vivant,  fait de vibrations, d’ondes, engendrées par les formes et les couleurs, qui me permette de me questionner et me retrouver dans cette liberté. C’est me retrouver dans ma vraie vie, pas dans celle de l’homme formaté depuis l’enfance, une façon de ne pas être victime de ce qu’on nous fait avaler. La force créatrice permet, en mode création, d’oublier son égo pour que l’on s’ouvre et laisse libre le passage du flux d’énergie ; cette affirmation n’est pas une construction intellectuelle, mais un constat.

 

Cette échappée de toute représentation et éléments reconnaissables n’est pas une fuite devant la « réalité », mais un besoin de dépassement, d’atteindre une autre sensibilité. C’est vouloir toucher à l’essentiel.

 

Le résultat de ce processus est aussi une invitation pour le spectateur à entrer de façon subjective dans ce monde de vibrations. Prendre le temps de s’imprégner des sensations provoquées à la vision de l’ouvrage. Il oubliera ses propres repères pour goûter de nouvelles forces,  ensuite s’il le veut, les décrypter, les définir,  les analyser, se questionner, les intégrer au travers de son vécu personnel, se créer un voyage qui lui est propre. Regarder une œuvre d’art, se laisser envahir par ses sensations, c’est méditer. Prendre le temps est primordial. Au besoin, il faut réfléchir à cette phrase de Faubert : « Pour qu’une chose soit intéressante, il suffit de la regarder longtemps ». Et en effet, quelque-chose qui, de prime abord, ne nous intéresse pas, est trop différent de nos pratiques, de nos « goûts » peut s’avérer très enrichissant et nous permettre d’apprendre des choses sur nous-mêmes.

 

Conclusion : que du concret !! Le monde des sensations n’est pas abstrait du tout. Il est réel et subjectif. Le monde des vibrations est universel, la vie étant un phénomène vibratoire autant que respiratoire. »                                      

                                                                                                                                   Luc Delvaux

 

 

Autres petits textes personnels :

 

          «  Peindre ?...

           Serait-ce se vider de l’indicible,

           Comme les romains se dégorgeaient de leurs ripailles ? »

 

          « Tout existe sur la toile: les tensions accumulées,  génératrices de la nécessité de peindre, l’éclatement des émotions, les bribes de           mémoire, génératrices du geste.

          En phase de création,  elle demande tout,  avide de force, douceur,  colère, sérénité, amour. 

          Devenue poésie,  elle lie  son âme au voyage intérieur du spectateur. »

 

          « Ma peinture gestuelle, poétique, est faite de tout ce qui construit la vie, de toutes les tensions accumulées, des réactions face à               des événements, à des passions, faite de musique, d'un bruit, d'un paysage, de la Mère-Nature. Son existence est empreinte de la             mémoire des choses, des quatre éléments. Elle plonge dans l'essence-même de l'être débarrassé de ses masques, de ses                             convenances, allégé de ses inhibitions. Son élaboration est pays de liberté. »

 

          « Trop peu d'heures arrachées à l'implacable carcan des tristes œillères, tissu déchiré béant sur une plage de liberté, exutoire                       haletant des tensions et impressions accumulées, zone trouble et mouvante de recherche de l'essentiel, violence du                                       découragement,   exaltation de l'espoir »

 

« Nous avons crié tant de choses

          Asseyons-nous sous un arbre et respirons

 

          Ou passons le baume guérisseur des formes et des couleurs »      

                                                                                                                                  Luc Delvaux

Photo Lorena Gulino
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